Stress. Le mot à lui seul fait souvent frémir : on lui attribue plusieurs maux, on s’exclame parfois sur son caractère destructeur. Bref, à en croire certaines personnes il faudrait éviter tout stress alors qu’il s’agit là, disons-le tout de suite, d’une mission impossible.
Il faut tout d’abord comprendre que le stress n’est pas uniquement négatif, qu’il peut avoir un caractère utile et même assurer notre survie ! En fait, le stress peut être défini comme une réaction qui implique à la fois des mécanismes physiologiques et psychologiques face à une demande externe ou interne. Le trac ressenti et décrit par les artistes avant un spectacle pourrait en être un exemple : le cœur bat plus vite, l’attention et la concentration sont accrues et lorsque cette réaction est raisonnable dans son intensité, elle permet de mieux performer. Par ailleurs, le stress fait partie de la vie, bien qu’on puisse choisir et apprendre à éviter certaines situations génératrices de stress, il y aura toujours des imprévus (positifs ou négatifs) auxquels on devra s’adapter.
Néanmoins, un excès de stress peut entraîner une détresse (ex : état de perpétuelle tension, insomnie, fatigue, préoccupations quotidiennes et exagérées etc.). À ce moment, il y a certainement lieu de faire une mise au point. Lorsqu’on vit avec le diabète il faut également être attentif à un autre aspect du stress : soit son impact sur la glycémie.
En effet, les recherches démontrent que le stress peut avoir un impact sur la glycémie mais que cet impact est très complexe : le taux de sucre peut soit augmenter, soit diminuer ou encore ne pas se modifier. Il y aurait des raisons physiologiques à ce phénomène mais également des raisons psychologiques : en fait lorsqu’une personne ressent du stress, ses comportements peuvent se modifier. Par exemple, des gens mangeront beaucoup plus qu’à l’habitude alors que d’autres auront l’appétit coupé, il s’agit donc ici de comportements pouvant affecter la glycémie. Bref, le meilleur moyen d’identifier l’impact du stress sur le taux de sucre est l’auto-observation. Faire une cote de stress* et l’indiquer quotidiennement dans le carnet de glycémie peut être utile puisqu’il permet de voir s’il y a des fluctuations du taux de sucre lors des journées plus stressantes.
Ce geste peut faire partie de la mise au point à faire si l’on sent que le stress est devenu détresse. Par ailleurs un questionnement sur le rôle de nos habitudes de vie et de nos attitudes dans le niveau de stress éprouvé peut être aidant. Bref, la gestion du stress s’apprend mais peut nécessiter du temps, il ne faut surtout pas que cette gestion devienne à son tour source de stress et de préoccupations : si la démarche devient trop laborieuse, il ne faut pas hésiter à s’adresser à des personnes ressources.
* ex : 6/6 = journée avec un niveau de stress élevé, 1/6= journée avec un niveau très peu élevé de stress
Isabelle Beaudin, psychologue
Parution 6-7 sept. 2003